Lancia Fulvia 1,6 HF 1971
Par Bruno Sacré, le mercredi 17 juillet 2019 - ESSAIS AUTO - Lien permanent - 2502 lectures
J'ai toujours eu un faible pour les voitures de ralye qui me faisaient rêver quand j'étais petit garçon. Inconsciemment, je n'ai eu de cesse de les rechercher, de les situer dans ma mémoire et lorsque je les trouve, je joue les opportunistes pour me glisser derrière leur volant. C'est ainsi qu'il y a plus de quinze ans, j'ai pris les commandes de celle que j'allais piloter dans plusieurs épreuves historiques en Belgique et en France. Une diva des années 70, une excellente compétitrice avec laquelle Sandro Munari remporta le Rallye de Monte Carlo en 1972: la Fulvia 1600 HF.
Coupé de caractère, certes, mais finalement assez méconnu des amateurs d'italiennes qui lui préfèrent souvent les produits signés Bertone jugés plus virils,la Lancia Fulvia possède cependant de sacrés atouts.
"Ma" Lancia (elle appartenait à mon équipier de l'époque), était équipée pour les rallyes historiques. Elle avait reçu un arceau cage, des harnais, des suspensions adaptées et l'incontournable retrotrip. Ainsi ce petit coupé que l'on aurait plutôt vu piloté par une élégante méditérranéenne en tailleur Armani, se trouvait pour l'heure transformé en "bête de course".
Dés les premiers ralyes et surtout dans les cols d'Alsace, j'ai apprécié son efficacité due à des trains roulants superbement conçus et sa redoutable tenue de route. Pas étonnant qu'elle se soit fait un fameux palmarès en course. Les 114ch de son 4 cylindres 1600cc étaient bien présents et se montraient rageurs, jamais trahis par une boite à 5 rapports bien étagée aux engagements précis.
114ch à 6000 tr/min pour ce 1600cc à
culasse aluminium
Un peu survireuse quand on relache les gaz en appuis dans les virages, la Lancia était joueuse mais demandais un pilotage très fin pour en tirer la quintessence. Et pourtant... la Lancia n'est.pas arrivée à m'emballer. Malgré une direction très directe et des freins à disques très efficaces, jamais je ne me suis senti à l'aise à son volant. Sans trop être capable de m'expliquer pourquoi d'ailleurs. Question de feeling. Et je ne l'avais pas.
Quand on est chroniqueur automobile, il est facile de s'extasier gratuitement et avec des autos de légende, l'emploi de superlatifs est aisé. On flatte ainsi les propriétaires des autos prêtées et les lecteurs amateurs de la marque... mais je ne serais honnête ni avec l'un ni avec l'autre en prétendant que la Lancia m'a subjugué. Ce coupé distille à mon sens trop de paradoxes. Si je la conseille volontiers à qui veut possèder une auto élégante pour s'imposer dans un rallye de régularité pour voitures historiques, je la déconseillerais à qui veut une auto virile pour s'encanailler en allant chercher les croissants le dimanche matin. Ceci dit chacun voit midi à sa porte et possèder une Lancia n'est pas une punition, loin s'en faut.
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