Petit saut dans le passé : Reutter exécute une première variation de la Volkswagen en 1936. Après la guerre, Hebmüller commence la production de cabriolets à 2 places. A la même époque, Wilhem Karmann entreprend de transformer la Coccinelle en cabriolet 4 places. VW est séduit et passe commande de 1000 exemplaires. En 1950, le cap de 10.000 cabriolets est atteint. Vu le succès, ce bon vieux Wilhem fait le forcing pour convaincre VW de créer une voiture de sport par son intermédiaire. Cette auto nait en 1955, répond au nom de VW Karmann Ghia et se doit alors d’être le pendant « sportif » de la Coccinelle de VW.

Pourquoi Ghia ? Au début des fifties, alors que la production de la Volkswagen est en augmentation constante, une série de contacts est initiée entre Wolfsburg et Turin, capitale des carrossiers italiens. Un partenariat avec Mario Boano, alors dessinateur chez Ghia, se concrétise alors par la création d’une carrosserie rabaissée et fluide adaptée au châssis de la VW.

Le coupé Karmann Ghia se devait d’être financièrement abordable. S’il fut facile de puiser dans la banque d’organes mécaniques de VW notamment le moteur et les trains roulant de la Coccinelle, il fallut cependant modifier la plateforme pour qu’elle puisse recevoir la carrosserie plus basse et plus large. Côté moteur, le 1200cc développait 34ch DIN. Une puissance modeste qui se verra quelque peu revue à la hausse au fil des années et des augmentations de cylindrées (1300cc, 1500cc).

Bien que peu portée sur les chronos, sa carrière s’étira sur presque 20 années, pour se terminer en 1974, avec près de 400.000 exemplaires produits. On notera qu’au fil du temps, la carrosserie n’a que très peu évolué comme celles des Coccinelles d’ailleurs. Voyons maintenant quelles sensations seront les nôtres au volant un demi-siècle plus tard.

Je dois bien avouer que je me sens un peu coupable au moment de la sortir de son garage, la Karmann avec sa robe ivoire immaculée et ses roues étroites en 15 pouces chaussées de Michelin. Mais bon quand il faut, il faut.

La position de conduite les fesses sur le siège au dossier et à l'assise plats est celle d’un coupé. Les jambes sont allongées de même que les bras et on est assis assez bas. Comme chez Porsche le pédalier est décalé et articulé au plancher. On n'a plus l'habitude de ce montage particulier. Dés les premiers kilomètres, vu que le moteur est placé à l’arrière, la direction s'avère agréable tant elle est légère mais un peu approximative tout de même. La boîte est paresseuse et doit se manipuler avec patience et délicatesse. Néanmoins les vitesses passent bien plus facilement que celles d'une VW-Porsche 914.

Rouler dans cette auto nous ramène dans la douce vie du début de années 60. On s’y sent bien et on a qu'une seule envie: celle de se laisser vivre au cours d’une longue et tranquille balade. On fera juste attention au freinage qui est confié à 4 tambours. Il faut bien appuyer sur la pédale pour provoquer un ralentissement adéquat.

La Karmann n’est en aucun cas une voiture sportive, on l’a déjà dit mais cette auto élégante est un véritable médicament pour soigner la déprime que génèrent l’autophobie, les trucs à piles qui font GZZZZ en roulant et la rage taxatoire qui anime les illuminés qui nous gouvernent. A consommer donc sans modération.

Merci à Yves pour sa patience et à Corinne pour ses délicieuses bruschetta.

 

 

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